Tout savoir sur le virus Ebola

Tout savoir sur le virus Ebola

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Impossible de passer à côté de l’épidémie d’Ebola qui touche actuellement l’Afrique centrale et de l’ouest. Avec plus de 2 000 morts depuis le début d’année, ce virus est un véritable fléau qui se présente à intervalle régulier. Difficile à soigner, cette maladie inquiète particulièrement l’Organisation Mondiale de la Santé, ainsi que toutes les populations, même celles éloignées de l’Afrique.

Aujourd’hui, Plus Mince Plus Jeune fait un point sur ce virus qui fait rage depuis de nombreuses années, ses symptômes et ses méthodes de traitement. Pour finir, nous verrons pourquoi l’épidémie actuelle inquiète autant et semble si difficile à endiguer.

Le virus Ebola est transmis par contact diret aves les fluides infectés des malades.

Virus Ebola

 

Un peu d’histoire…

C’est au Zaïre que le virus fut découvert, en 1976, à proximité de la rivière Ebola, dont son nom. Cette première épidémie avait alors infecté 318 personnes, dont 280 pour qui l’issue fut fatale. Cette zone d’Afrique, connue aujourd’hui comme la République démocratique du Congo, abrite des chauves-souris qui se promènent à travers les forêts tropicales d’Afrique centrale et de l’Ouest, accusées d’être à l’origine de la contamination. Cependant, cette hypothèse reste encore débattue et plusieurs chercheurs s’accordent à dire que ces petits mammifères volants ne sont pas forcément en cause. D’autres animaux peuvent être porteurs du virus et infecter les populations, c’est le cas des singes et des porcs par exemple, il est donc assez difficile de savoir d’où est réellement venue cette première épidémie.

On pense que des chauves-souris frugivores, de la famille des ptéropidés, sont les hôtes naturels du virus Ebola. Le taux de mortalité des malades infectés peut atteindre 90 %.

Depuis sa découverte, le virus Ebola est revenu dans les contrées africaines à intervalles irréguliers. Entre 1976 et 2012, la République démocratique du Congo, le Soudan, le Gabon, l’Ouganda et le Congo ont connu de sérieuses épidémies qui ont tué plus de 2 200 personnes en tout.

Si le virus fait beaucoup parler de lui à l’heure actuelle, c’est parce qu’il a tué en seulement 8 mois, le même nombre de personnes qu’en 40 ans.

 

Le mode de transmission du virus Ebola

En premier lieu, le virus Ebola infecte les personnes suite à un contact avec des sécrétions, du sang ou du liquide biologiques émanant d’animaux infectés. La plupart des épidémies africaines ont été constatées après la manipulation de singe, chauve-souris, gorille, porc-épic ou antilope, qui se trouvaient dans la forêt tropicale.

Le virus Ebola est transmis par contact diret aves les fluides infectés des malades.

Vient ensuite la contamination interhumaine, encore une fois par le sang ou les sécrétions. Les médecins et les familles des personnes touchées sont donc potentiellement exposés à ce virus et les risques d’infection multipliés.

Par ailleurs, le virus se niche dans le sperme, ce qui en fait une maladie sexuellement transmissible. Plus étonnant et dangereux encore, c’est que des études cliniques ont démontré que le virus peut être contenu dans le sperme encore 7 semaines après la guérison du patient. Dans un pays où le sida fait rage parce que les méthodes de contraception se font rares, c’est un paramètre non négligeable à prendre en compte.

 

Les symptômes et le diagnostic

Les symptômes du virus Ebola font froid dans le dos. Cette maladie est ce qu’on appelle une « virose aiguë sévère » qui se manifeste par une apparition brusque de la fièvre, une grande fatigue, des maux de tête et une irritation de l’œsophage. Dans un second temps, la personne malade est prise de vomissements, diarrhée et d’une éruption cutanée. Enfin, tous ces maux finissent par causer une insuffisance hépatique et rénale, et parfois des hémorragies internes.

Pour diagnostiquer la pathologie, il est nécessaire de faire plusieurs prélèvements de sang et d’étudier la numération leucocytaire et plaquettaire, ainsi que les enzymes hépatiques. Ces indications permettent d’exclure d’autres maladies aux symptômes proches du virus Ebola comme le paludisme, le choléra, la méningite et certaines formes de fièvres hémorragiques virales.

On pense que des chauves-souris frugivores, de la famille des ptéropidés, sont les hôtes naturels du virus Ebola. Le taux de mortalité des malades infectés peut atteindre 90 %.

Le temps d’incubation est plus ou moins long selon les patients, ce qui explique sa viralité. Les gens contaminés peuvent le découvrir très tard puisque l’apparition des premiers symptômes peut arriver entre 2 et… 21 jours ! Par ailleurs, ce virus a beaucoup de mal à être éliminé par l’organisme. Même si le patient semble guéri, il reste encore contagieux pendant de longues semaines, tant que le virus est présent dans le sang et les sécrétions. Des études ont montré qu’Ebola pouvait rester dans le corps humain jusqu’à 61 jours après les premières manifestations de la maladie.

 

Prévenir et traiter le virus Ebola

C’est certainement la partie la plus délicate. Étant transmis essentiellement par les animaux, il semble impossible d’éradiquer le virus. De plus, aucun vaccin n’existe pour se protéger contre cette infection. Plusieurs essais sont en cours, mais pour l’instant, aucun n’a été homologué.

Au niveau du traitement, là encore le bât blesse, car il n’existe pas de médicaments spécifiques destinés à soigner la pathologie. Tout comme le vaccin, des essais sont en cours d’évaluation.

Les personnes touchées doivent donc être placées en soins intensifs, pour que les médecins puissent constamment veiller sur leurs fonctions vitales. Les premiers symptômes (vomissements, diarrhées et fièvre) sont responsables d’une déshydratation intense. Pour éviter que la maladie évolue et que les fonctions rénales et hépatiques soient touchées, il faut constamment réhydrater les patients à l’aide de solutions électrolytes ou par intraveineuse. Cela reste le meilleur moyen de garder les patients en vie jusqu’à ce que le virus soit totalement éliminé de l’organisme.

On pense que des chauves-souris frugivores, de la famille des ptéropidés, sont les hôtes naturels du virus Ebola. Le taux de mortalité des malades infectés peut atteindre 90 %.

En parallèle, la population infectée doit être mise en quarantaine le plus rapidement possible pour éviter la propagation d’Ebola. Les animaux infectés sont abattus puis rigoureusement enterrés ou incinérés. Néanmoins, cette mesure est valable uniquement pour les animaux d’élevages, puisque la faune sauvage est difficile traçable. Ce qui explique pourquoi le virus Ebola ne peut pas être totalement éradiqué.

Quelques règles sanitaires à respecter pour se protéger

  • Ne pas voyager dans un pays foyer de l’épidémie
  • Ne pas rester sans protection près d’un malade d’Ebola
  • Ne pas toucher sans protection les vomissures, le sang, les selles d’un malade souffrant d’Ebola
  • Ne pas dormir avec un malade de la fièvre d’Ebola
  • Ne pas toucher ou manipuler les vêtements et autres objets souillés
  • Ne manipuler les vêtements et linge des malades que protégé et les bouillir avant de les laver
  • Ne pas toucher d’animal mort trouvé en forêt
  • Désinfecter ses mains régulièrement.

 

La situation actuelle en Afrique centrale et de l’Ouest

Depuis 8 mois maintenant, la situation est dramatique en Afrique centrale et de l’Ouest. L’épidémie d’Ebola ne cesse de se propager et semble avoir bien plus de mal à être contenue qu’auparavant. Ce qui est un comble quand on connaît les progrès scientifiques et médicaux réalisés ces 4 dernières années. L’OMS fait état de 2 296 décès à l’heure où j’écris ces lignes. Cette propagation phénoménale s’inscrit comme étant la plus grande crise de fièvre hémorragique connue jusqu’à maintenant.

Alors, comment expliquer qu’avec les progrès scientifiques, nous ne puissions pas contenir et soigner un virus vieux de 40 ans ? Le journal 20 minutes a interrogé des scientifiques et selon eux, 3 raisons expliquent cette situation tragique.

On pense que des chauves-souris frugivores, de la famille des ptéropidés, sont les hôtes naturels du virus Ebola. Le taux de mortalité des malades infectés peut atteindre 90 %.

1. Une recherche à la traîne

Jusqu’à présent, les épidémies étaient plutôt limitées, ce qui n’a pas vraiment encouragé les recherches. 2 000 morts en 40 ans, c’est malheureusement trop peu pour représenter un marché rentable, par conséquent, seulement quelques chercheurs travaillaient sur un potentiel remède ou vaccin. Cependant, la crise actuelle semble réveiller les consciences et les scientifiques de plusieurs pays ont changé leur objet d’étude pour se mettre à trouver une solution au virus Ebola. De son côté, l’OMS a simplifié les protocoles pour que, dans le cas où un traitement soit trouvé, il puisse être rapidement être disponible sur le marché. D’ailleurs, l’organisme a récemment proposé 8 traitements et 2 vaccins expérimentaux, qu’il faudra développer rapidement. Cependant, même si ces remèdes sont validés, ils ne pourront pas être disponibles sur le marché avant la fin de l’année.

 

 2. Une évolution du virus

L’épidémie migre et dure plus longtemps qu’auparavant. Surtout présent en Afrique centrale, aujourd’hui le virus se déplace davantage à cause de la migration des chauves-souris, qui tendent de plus en plus à se déplacer vers l’Ouest. Même si la souche est moins mortelle qu’avant, elle demeure très contagieuse et se déploie plus rapidement. Il est important pour les agents médicaux et sanitaires d’étudier ces évolutions, car la plus petite mutation du virus pourrait rendre un traitement inefficace et les recherches obsolètes.

On pense que des chauves-souris frugivores, de la famille des ptéropidés, sont les hôtes naturels du virus Ebola. Le taux de mortalité des malades infectés peut atteindre 90 %.

 

3. Une coopération insuffisante

La population est très confuse et de nombreux habitants résistent aux autorités sanitaires en refusant de s’isoler en quarantaine. Il y a d’ailleurs eu diverses tragédies relatées dans la presse. Ce n’est pas réellement une envie de nuire, mais plutôt un manque d’information. Les populations ont été prises au dépourvue par le phénomène épidémique et même si elles connaissent le virus Ebola, elles n’en mesurent pas forcément toutes les conséquences. Une réflexion s’impose alors sur la mise en place de campagnes de sensibilisation et sur une meilleure orientation des habitants dans les centres de soin. La fermeture des frontières est aussi une mesure dont il faudra discuter dès que l’épidémie apparaît.

Pour faire en sorte d’endiguer au maximum l’épidémie et enfin stopper l’hécatombe, des réservistes sanitaires provenant de divers pays sont envoyés sur le terrain pour renforcer les troupes et aider dans la lutte contre cette terrible maladie.

 

La Polynésie française refuse de prendre de risque

Face à l’épidémie qui se propage, tous les pays se préparent à accueillir un malade incessamment sous peu. C’est également le cas de la Polynésie française qui met en place différents dispositifs pour éviter que le virus Ebola n’atteigne ses îles. À cet effet, un protocole a été établi en cas d’accueil d’un malade et les hôpitaux de la région sont préparés. Ils ont fait le stock de matériel nécessaire pour les soins et le personnel sait comment identifier et traiter les malades atteints d’Ebola. Cependant, la Polynésie française est isolée dans l’Océan Pacifique ce qui diminue les risques de voir débarquer une personne contaminée. Même s’il y a eu un soupçon d’Ebola à Hawaii, ce cas a été rapidement démenti.

Toujours dans le but de protéger la population, car vous le savez, mieux vaut prévenir que guérir, la Fédération internationale de pétanque a décidé de repousser les championnats du Monde à 2015. Cela limite l’afflux de personnes venant des pays étrangers.

Les autorités sanitaires du pays sont préparées à cette période critique et sauront faire face à un doute. Ils vont aussi renforcer la communication auprès des populations, concernant le mode de transmission de cette maladie. Comme nous l’avons vu dans cet article, celui-ci a essentiellement lieu via des sécrétions, ce qui limite tout de même sa propagation. Le virus Ebola fait actuellement beaucoup parler, ce qui entretient une sorte de psychose, aussi bien en Polynésie, que dans les autres pays. Il est donc important d’informer les gens que les risques sont tout de même très limités et que tout est mis en œuvre pour que les patients atteints, ou du moins soupçonnés de l’être, soient rapidement pris en charge et mis en quarantaine.

Le ministère de la Santé vient d’inscrire une enveloppe de 100 millions de francs pacifiques (835.000 euros) pour se doter en janvier 2015 d’un laboratoire de hauté sécurité biologique de type NSB3 de niveau 4. L’épidémie de Chikungunya qui sévit actuellement à Tahiti et dans les archipels éloignés (85 cas recensés au 16 octobre 2014) va sérieusement mobiliser les autorités sanitaires. La Poynésie française vient d’être mise en alerte épidémiologique. L’inquiétude de la population est palpable. Le gouvernement central a décidé d’aider la Polynésie à faire face à cette situation. Après les séquences épidémiologiques de Dengue et de Zika qu’a connu la Polynésie fin 2013, la vigilance est de mise.

Journal télévisé de Polynésie 1ère, 6 octobre 2014

Ces quelques réponses ne servent pas vraiment à rassurer les populations africaines et internationales. Néanmoins, le risque épidémique dans des pays développés comme l’Europe reste assez faible. Le virus Ebola doit son expansion à un système de santé désuet, mal organisé et à des populations peu informées. Nous avons la chance d’avoir en France et en Polynésie française un système bien mieux organisé, pouvant endiguer rapidement les risques de contagion. Surtout que toutes les autorités sanitaires sont actuellement sur leur garde et prêtes à dégainer toutes les mesures nécessaires afin que l’épidémie ne s’étende pas davantage.

 

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