Pilules de 3è et 4è génération: ce que vous devez savoir

Pilules de 3è et 4è génération: ce que vous devez savoir

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C’est en 1950 que l’idée de la pilule contraceptive traverse l’esprit d’une infirmière américaine, Margaret Sanger, qui propose alors au docteur Grégory Pincus de financer des recherches sur la création d’une hormone contraceptive. 10 ans après, il réussit à synthétiser une hormone et crée le premier contraceptif de l’histoire. Avant-gardistes, les Etats-Unis autorisent sa commercialisation le 9 mai 1960.

En parallèle, en France, la propagande anticonceptionnelle fait rage et il faudra attendre décembre 1967 pour que le député Lucien Neuwirth parvienne à abroger la loi du 31 juillet 1920, qui interdit la contraception. Véritable symbole de la révolution sexuelle, la contraception orale marque un tournant dans le droit de la femme.

Aujourd’hui, la pilule est parfaitement entrée dans les mœurs puisque plus de 5 millions de françaises la prennent. Elle représente le moyen de contraception le plus utilisé en France.

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Les méthodes de contraception en France

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La pilule contraceptive, fortement utilisée en France

Si ce comprimé s’est démocratisé, il connaît actuellement quelques heurts à cause de scandales récents sur les risques sanitaires liés aux pilules de 3eme et 4eme génération.

Il convient de remettre un peu d’ordre dans ce tapage, de comprendre les différences entre les générations et d’étudier si les risques encourus sont réels ou minimes.

Une différence de génération

Les contraceptifs oraux se déclinent en quatre catégories, plus communément nommées « générations ». Chaque pilule contraceptive combine deux hormones qui jouent un rôle primordial dans la reproduction : un œstrogène et un progestatif. La nature de ces hormones, ainsi que la quantité contenue dans un comprimé, varient d’une génération à l’autre. Les pilules de 3è et 4è génération sont dosées plus faiblement dans le but de diminuer les effets secondaires tels que les nausées, le mal de sein, les migraines ou encore les troubles de l’humeur.

Si toutes les pilules comportent des risques vasculaires ou de thromboses, notamment si la femme fume, il semblerait que les contraceptifs oraux récents augmentent ces risques thromboemboliques, même en cas d’hygiène de vie saine.

15 dépôts de plainte contre les pilules de 3è et 4è génération

Le scandale arrive en décembre 2012, lorsque Méliane décide de porter plainte contre les laboratoires Bayer et le directeur de l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament, pour « atteinte involontaire à l’intégrité de la personne humaine », suite à un accident vasculaire cérébral provoqué par sa pilule de 3ème génération. Le jeudi 24 janvier, 14 autres plaintes sont enregistrées, dont 11 par des victimes encore vivantes et 3 par des parents dont leurs filles sont décédées suite à des complications provoquées par des pilules de 3è et 4è génération. Les plaignantes ont développé des embolies pulmonaires, des AVC et des thrombophlébites, provoqués par des contraceptifs oraux récents : Yaz, Jasmine, Jasminelle, Désobel, Gestodène, Ethinylestradiol30, Melodia, Carlin20, Varnoline ainsi que la très controversée Diane 35, traitement acnéique de base, détourné en moyen de contraception.

Suite à cette avalanche de dépôt de plainte contre les divers laboratoires qui fabriquent ces médicaments (Bayer, Effik, MSD France et Biogaran), il est légitime de se demander si les risques encourus étaient connus, aussi bien par les spécialistes que par le Ministère de la Santé.

Des risques connus

Les gynécologues reconnaissent qu’un médicament, qu’il soit contraceptif ou non, présente souvent des effets indésirables et des risques, toujours mentionnés dans la notice. Le risque de thrombose veineuse ou de complications vasculaires existent pour toutes les pilules, toutes générations confondues. Cependant, le Ministère des Affaires sociales et de la Santé a reconnu que les contraceptifs de catégorie 3 et 4 présentent des risques plus élevés et qu’ils ne devraient être prescrits qu’en derniers recours.

En effet, les premières et secondes générations, plus dosées en œstrogène, entrainent souvent des effets secondaires gênants mais non dangereux comme des migraines, des nausées ou encore des douleurs mammaires. Cependant, certaines femmes les supportent très bien et il n’y a alors aucune raison de leur changer leur pilule contre une nouvelle génération. A moins que la raison soit uniquement financière ?

Ces dernières pilules sont beaucoup plus chères, mais jusque-là remboursées par la Sécurité Sociale. Suite aux doutes sur ces nouveaux comprimés, Marisol Touraine a décidé de dérembourser totalement les pilules de 3ème génération, à partir du 30 septembre 2013. Cette décision fait suite à un rapport de la Commission de Transparence de la Haute Autorité de Santé, qui met en avant les risques de complications thrombo-veineuses, deux fois plus élevés sous pilules contraceptives de catégorie 3 et 4 que sous celles de catégorie 1 et 2.

Par ailleurs, une enquête du CHU de Brest démontre que de nombreuses femmes ayant subi des accidents cardiovasculaires sous contraceptifs oraux, n’auraient jamais dû prendre ce moyen de contraception à cause d’antécédents connus ou de facteurs de risques associés.

La Ministre de la Santé espère ainsi sensibiliser les médecins et les gynécologues à une recherche plus approfondie des facteurs de risques dont pourrait souffrir la patiente. Des antécédents de problèmes vasculaires ou le tabagisme doivent automatiquement orienter les professionnels vers des pilules de 2è génération, voire vers une autre méthode de contraception.

Le gouvernement a mis en place un tableau récapitulatif des pilules contraceptives, vous pouvez le consulter pour connaître la génération de votre comprimé : http://www.social-sante.gouv.fr/IMG/pdf/Pilules_3eme_generation.pdf

Bien entendu, les cas graves de problèmes liés à la pilule restent marginaux par rapport aux nombres de femmes sous pilule. Il ne faut pas céder à la panique et surtout continuer de prendre votre comprimé comme à votre habitude. En cas de doute, rien ne vous empêche de prendre rendez-vous avec votre gynécologue pour évaluer les risques et changer de marque, voire de moyen contraceptif.

Quant à l’avenir de cette contraception orale, il pourrait se situer surtout chez l’homme. Des scientifiques australiens et anglais ont récemment publié des travaux, dans la revue scientifique américaine PLoS Genetics, qui démontrent qu’il serait possible d’influer sur la production des spermatozoïdes et de réduire leur capacité de déplacement, en modifiant le gène RABL2. En parallèle, des chercheurs de l’Université d’Edimbourg étudient le gène Katnall, responsable de la fabrication du sperme. Le Dr Lee Smith, qui dirige les recherches, atteste que s’il peut cibler ce gène, il pourra agir sur la fertilité de l’homme, que ce soit pour guérir la stérilité ou au contraire, fabriquer une pilule contraceptive masculine.

Qui sait, la pilule pour homme sera peut-être l’invention du XXIe siècle ?

Attention : Pour votre santé et votre bien-être, il est conseillé de toujours prendre l’avis de votre médecin gynécologue avant de changer de moyen de contraception.

Aller plus loin : découvrez notre article « Pilules, mensonges et IVG« .

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