Comment lutter contre le mercure dans le thon

Comment lutter contre le mercure dans le thon

Posté dans Articles, Santé le avec 8 Réponses

Le thon, fraîchement péché ou en conserve, est très prisé pour son coût relativement bas et sa richesse en oméga 3, acide gras indispensable pour le fonctionnement de notre système immunitaire. Mais dernièrement, des organismes de santé ont rendu un rapport inquiétant sur la pollution au mercure dans l’environnement marin, qui met en évidence une contamination au métal supérieure aux recommandations dans toutes les espèces de thon. Les conséquences d’un tel rapport affectent notre consommation quotidienne et incitent à prendre des mesures pour éviter d’ingérer accidentellement trop de mercure, relativement nocif pour la santé.

Du mercure dans nos assiettes

thon mercure

Du mercure dans le thon : que faire ?

A cause de la pollution des mers, le mercure se déverse sur les plantes aquatiques et les contaminent. Lorsque les poissons se nourrissent, ils accumulent alors ce métal dans leur organisme via leurs tissus cellulaires et viennent ensuite contaminer nos assiettes. Cette transmission peut s’avérer encore plus dangereuse lorsque nous consommons des poissons ichtyophages, c’est-à-dire mangeant d’autres poissons, qui ont déjà ingéré du mercure auparavant. Plus un animal marin se situe au sommet de la chaîne alimentaire, plus il a de chance d’être infecté et dangereux dans nos assiettes.

A cause de cette pollution due aussi bien aux activités humaines (centrales au charbon, industries sidérurgiques, usines…), qu’aux causes naturelles (volcans, geysers…), qui éjectent du mercure dans l’atmosphère, les océans indiquent une moyenne de 0.5mg/l à 3mg/l de méthylmercure présents dans les étendues d’eau salée. Nous sommes bien loin du taux recommandé par l’OMS (l’Organisation Mondiale de la Santé) de 0.006mg/l.

Concernant les poissons du large, ils présentent des traces élevés de mercure, qui varient selon s’ils viennent de l’hémisphère sud ou du nord. La plupart des usines polluantes qui rejettent leurs déchets toxiques dans l’océan sont situées dans l’hémisphère Nord. Cependant, les thons pêchés en Polynésie contiennent entre 0.2 et 0.3 ppm de mercure, encore une fois, nous sommes bien loin des préconisations de l’OMS.

parcours du mercure

Comment le thon est-il contaminé par le mercure ?

La chaîne de télévision canadienne CBC a mené une enquête sur le thon blanc vendu en boîte au Canada. Il s’est avéré que 13% des boîtes contenaient des traces de mercure supérieures à la norme autorisée. Cette enquête fut corroborée par l’organisme Santé Canada qui observe que la dose de ce métal est plus forte dans le thon blanc que dans d’autres types de thon, également vendus en boîte.

Par ailleurs, le BioDiversity Research Institute et le Zero Mercury Working Group notent que cette pollution, déjà bien installée, pourrait empirer si rien n’est fait pour endiguer cet inquiétant phénomène. La contamination de l’océan Pacifique augmentera de 50% d’ici 30 ans, entraînant alors une prolifération de thons intoxiqués, qui atterriraient dans nos assiettes. A l’heure actuelle, 50 millions de personnes dans le monde seraient touchées par une intoxication au mercure.

Des risques pour la santé

Les autorités sanitaires ont ouvert les yeux sur les effets nocifs du mercure dans les années 50, lorsque l’usine pétrochimique japonaise de Minamata avait rejeté de l’eau intoxiquée dans la mer. Des milliers de cas d’empoisonnement furent détectés, entraînant malformations, troubles psychologiques et même la mort. Suite à cette catastrophe, les autorités sanitaires ont pris des dispositions pour qu’un tel drame ne survienne plus et l’OMS a mis en place un barème à respecter sur la teneur en mercure dans les eaux.

Comme vu précédemment, ces normes sont loin d’être suivies et les thons contaminés fleurissent dans nos assiettes et provoquent divers symptômes. Il faut dire que le thon n’est pas cher et permet à tout le monde de se nourrir en poisson régulièrement, pour profiter de ses aspects nutritifs et bienfaiteurs.

Virulent, le mercure affecte surtout les fonctions cérébrales et rénales en provoquant des troubles de la vision et de la parole, des problèmes de respiration, des paralysies ou encore une accélération du rythme cardiaque. L’intoxication au mercure, aussi appelée hydrargisme, peut induire des cancers comme ce fut le cas après la catastrophe de Minamata où de nombreux habitants ont déclaré de soudaines leucémies. Véritable perturbateur endocrinien, ce métal altère l’humeur, la croissance, le sommeil, la fertilité, les fonctions reproductrices et agit négativement sur l’utilisation et le stockage de l’énergie. De plus, il gêne fortement la circulation sanguine augmentant ainsi les risques d’œdème, d’ulcère et de pression artérielle.

En Polynésie française,  la consommation moyenne par habitant est d’environ 1,2 kilo par adulte et par semaine. L’OMS recommande une consommation moyenne par adulte et par semaine d’environ 200 grammes. 

© Radio1 – interview du Dr Edouard Suhas sur une étude menée avec l’Université de Laval (Canada)

Sa toxicité tend à diminuer fortement les défenses immunitaires et expose alors l’organisme à toutes les bactéries, infections et virus environnants. Chez les enfants, l’empoisonnement au mercure provoque également des troubles de l’apprentissage, un ralentissement de la croissance et peut induire le développement d’une forme d’autisme.

Néanmoins, si le mercure cause énormément de souci, il faut tout de même avaler de grande quantité de ce poison avant d’en ressentir les symptômes les plus graves. En appliquant quelques règles simples d’hygiène de vie, vous pouvez éviter aisément une exposition à ce métal lourd.

© France5-Allo docteurs

Recommandations pour lutter contre l’intoxication

Ce n’est pas la peine de céder à la panique si vous adorez déguster le thon en salade, sur votre pizza, dans vos pâtes, en boulettes, en sashimi, tartare ou en carpaccio ! Vous pouvez continuer à en consommer mais de façon raisonnable. Il peut constituer la base ou l’accompagnement de vos plats, 2 à 3 fois par semaine. Santé Canada souligne que « La consommation occasionnelle dépassant la quantité recommandée ne représente pas un risque pour le consommateur moyen ».

Le thon, de manière générale, reste très bon pour la santé puisqu’il est généreux en protéines et en oméga-3, nutriments essentiels à notre bien-être. Cependant, pour qu’il soit encore plus sain, privilégiez le thon pâle plutôt que le thon blanc. En effet, des analyses menées par Santé Canada ont prouvé que l’espèce pâle contient moins de mercure que le blanc, puisque les poissons utilisés pour en fabriquer sont en bas de la chaîne alimentaire et ont donc moins de risques d’être intoxiqués.

mercure dans le thon

Enfin, outre le mercure, le thon reste tout de même un produit gras qu’il convient de consommer avec parcimonie pour limitez les apports caloriques. Consommez plutôt le thon naturel à celui conservé dans l’huile et choisissez toujours la boîte où il est mentionné « faible en sodium », afin de bénéficier des vertus de cet aliment, tout en gardant la ligne. Néanmoins, si vous êtes enceinte ou si vous allaitez, il convient de limiter davantage la consommation de thon car le mercure présente plus de risques s’il est absorbé par un organisme en plein développement. Cette même recommandation est faite pour les enfants jusqu’à environ 11 ans. Si vous êtes dans un de ces cas, la prudence veut que vous consommiez au maximum deux portions de thon par semaine.

Se détoxifier grâce aux plantes et aux minéraux

Certaines plantes et minéraux ont des vertus détoxifiantes et dépuratives sur les métaux lourds, dont le mercure. En cas de doute sur une éventuelle contamination légère, ou pour prévenir si vous avez consommé du thon en grande quantité, vous pouvez opter pour plusieurs solutions. Bien entendu, nous parlons ici d’un traitement léger et naturel, qui ne remplace par la chélation utilisée lors d’une forte exposition aux métaux lourds, qui ne survient généralement pas après avoir ingéré du thon. Ces préconisations constituent seulement un moyen de vous rassurer et de vous permettre de continuer à cuisiner le thon en toute sécurité.

  • Les minéraux

Les minéraux sont des oligo-éléments essentiels au bon fonctionnement de notre organisme, ils assurent la protection du corps contre les toxines et renforcent le système immunitaire. Toute déficience en calcium, magnésium, fer, zinc, sélénium et manganèse permet au mercure de se loger dans les endroits faibles de notre organisme. Parmi ces nutriments naturels, le sélénium est celui qui fonctionne le mieux dans la détoxification du mercure grâce à ses enzymes antioxydantes, qui luttent contre les radicaux libres et stimulent fortement nos défenses. Il permet alors d’évacuer efficacement le poison du corps en le neutralisant. Le sélénium se trouve en complément alimentaire mais aussi dans de nombreux aliments qui peuvent vous servir à accompagner vos plats de poissons : œufs, champignons, carottes, choux, céleris, avocat, riz complet, pâtes, blé précuit, champagne, moutarde ou encore du pain de mie complet.

La vitamine E amplifie les effets du sélénium et aide à détoxifier l’organisme du mercure ingéré. Outre les capsules homéopathiques, il est possible d’en consommer grâce à l’huile de tournesol, l’huile de germe de blé, la margarine, les amandes et noisettes, le soja ou encore la crème fraîche.

Quant au zinc, il produit de la métallothionine, protéine qui régénère les cellules et module la toxicité des métaux lourds. En consommer permet alors de diminuer grandement les effets néfastes du mercure. Pour une cure de zinc, rien de tel que le foie de veau, le pain de seigle, les biscottes, le cacao ou le steak haché.

  • Les plantes

Parmi les plantes agissant contre les toxines, la coriandre sous sa forme d’herbe fraîche permet de purifier son organisme de toute forme de mercure grâce aux multiples antioxydants qu’elle contient. Ajoutez ses feuilles à vos sauces, soupes et entrées pour profiter de ses bienfaits mais aussi de son agréable goût épicé.

Autre plante médicinale, l’ail des ours, cousin sauvage de l’ail alimentaire habituel, se combine aisément au mercure pour le faire sortir des reins et du sang. Il se consomme de la même manière que son homologue, émincé dans les salades, viandes, sauces…

coriandre pour lutter contre le mercure

La coriandre, efficace pour lutter contre une intoxication au mercure

Enfin, la chlorella, algue verte d’eau douce, se rend utile en cas d’hydrargisme grâce à ses propriétés détoxifiantes et immunostimulantes. Son action sur l’organisme permet à celui-ci de se défendre contre les attaques du mercure et de l’évacuer rapidement de nos cellules. Réellement efficace, ses effets positifs sur la décontamination ont été démontré par le docteur Dietrich Klinghardt, éminent spécialiste des métaux lourds et de leur impact sur notre corps, qui a constaté que la plante aquatique a développé des protéines et peptides de détoxication pour chaque métaux lourds reconnus. De plus, la chlorophylle contenue dans la chlorella active la paroi cellulaire, élément essentiel pour une dépuration efficace.

Cette micro-algue se consomme uniquement sous forme de comprimés. Les préconisations pour sa prise quotidienne sont de 3 à 5 cachets, pendant les repas. La chlorella va agiter le mercure dans tout le corps avant de l’évacuer, ce qui peut entraîner quelques troubles provisoires. Dans ces cas-là, il est recommandé d’augmenter la dose journalière. En effet, une plus forte prise va évacuer plus facilement le mercure et donc vous aider à vous sentir mieux. Si vous consommez régulièrement du thon, il vous sera conseillé de faire une cure de chlorella 2 fois par an, sur un mois minimum, pour purifier l’organisme.

A vous ensuite d’adapter le traitement selon votre ressenti.

Donc, si vous êtes un consommateur de thon, rien ne sert de paniquer et de vous débarrasser de votre stock de poissons. Vous devez simplement être vigilant et évitez d’en consommer plus de 3 fois par semaine. En parallèle, vous pouvez l’assaisonner avec des feuilles de coriandre et l’accompagner de légumes ou riz complet pour diminuer les possibles effets du mercure. Le thon possède de nombreuses vertus dont il serait dommage de se priver ! Après, selon votre budget, vous pouvez alterner votre consommation de thon avec des poissons à moindre risque tels que la sardine, le saumon, le cabillaud, le bar, le hareng ou encore le haddock.

Attention : Pour votre santé et votre bien-être, il est conseillé de toujours prendre l’avis de votre médecin ou d’un professionnel de la santé avant d’utiliser un complément alimentaire.

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Temps de lecture: 11 minutes

8 Commentaires pour “Comment lutter contre le mercure dans le thon

  • Bonjour Ralph,
    Un magnifique article qui nous permet d’être conscient des dangers de la gourmandise…. mais aussi des moyens que la nature met à notre disposition pour se protéger et rester conscient !
    Merci et à bientôt !

    Répondre
    • Ralph Articles de l'auteur

      Bonjour Bernadette,
      La nature nous fait profiter de ses bienfaits. Nous devons la préserver pour tirer profit de tous ses bénéfices.
      Malheureusement, l’industrialisation tend à corrompre notre santé avec tous ces additifs chimiques qui finissent dans les océans.
      Lorsque je vois les fuites d’eau contaminée à Fukushima, je crains le pire.
      Votre blog est maintenant classé dans mes favoris.
      Merci pour votre commentaire.
      Belle journée,
      Ralph

      Répondre
      • Bonjour Ralph,

        Et merci pour votre article !

        A défaut de coriandre frais, je consomme des graines de coriandre pour parfumer mon thé, aurais je un petit effet chélateur en prime ?

        Je consomme de la spiruline en leu et place de la chlorella, aurait elle aussi des propriétés similaires ?

        D’avance merci

        bien à vous

        Pierre

        Répondre
        • Ralph Articles de l'auteur

          Bonjour Pierre,

          Vous faites bien de prendre de la spiruline et des graines de coriandre infusées dans votre thé car elles aident véritablement l’organisme à éliminer tous les résidus de métaux lourds fixés dans les cellules.

          Bien cordialement,

          Ralph

          Répondre
  • Rhôôô ben moi je ne l’aime pas du tout cet article… déjà je trouve plus que limite de prendre plus de précaution à conseiller les herbes détoxifiantes qu’à inciter à consommer du pois »s »on ! De plus on sait que le saumon est un des pois »s »on les plus pollués et polluants, alors le mettre en « consommation à volonté » c’est flippant ! Les autorités le déconseillent fortement aux enfants, personnes âgées et femmes enceintes dans les pays du nord (ils l’interdisent même à la vente parfois !!!). Et pour finir, plutôt que d’inciter les lecteurs à continuer à manger du pois »s »son, vu les catastrophes environnementales que cela génère (qui ont et auront de plus en plus d’impacts négatifs sur notre santé s’il n’y a que cela qui vous intéresse), il serait plus intelligent de les informer que les Oméga-3 dans certaines huiles (colza, noix, …), les graines de lin, ..

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