Chikungunya. Rechutes et complications, tout ce qu’il faut savoir !

Chikungunya. Rechutes et complications, tout ce qu’il faut savoir !

Posté dans Santé le avec 6 Réponses

Bien qu’on enregistre une diminution du nombre de cas d’infection au Chikungunya depuis 2 semaines, l’épidémie est toujours active à Tahiti et dans ses îles. La prudence est donc de mise et la lutte contre le moustique Aedes Aegypti doit continuer.

L’institut Malardé et les autorités sanitaires polynésiennes sont en contact permanent avec celles de l’île de la Réunion notamment pour partager leurs connaissances et expériences sur ce virus qui a infecté pas moins de 130.000 personnes  en Polynésie française (la moitié de la population) depuis 3 mois.

Comme pour la Dengue ou le Zika, il n’existe aucun médicament ni vaccin pour lutter contre ce virus.

Dans cet article, je tente d’apporter quelques éléments de réponse à certaines inquiétudes.

Historique du Chikungunya à Tahiti

En mai 2014, le premier cas d’infection au Chikungunya a été enregistré à Pirae (Tahiti) par les autorités sanitaires. Dès lors tous les voyageurs en provenance des Antilles étaient interrogés aux frontières dès leur arrivée sur le sol polynésien.

Après une interruption fin mars 2014 correspondant à la fin de l’épidémie de Zika,  la lutte anti-vectorielle a repris fin mai 2014. Malheureusement l’épandage d’insecticides tous azimuts n’a pas suffi à limiter la propagation du virus Chikungunya.

L’épidémie a été déclarée au mois d’octobre 2014 par les autorités sanitaires lorsque les premiers cas d’infection autochtones sont apparus à la Presqu’île de Tahiti, puis dans les communes de Teva-i-Uta. On peut légitimement s’étonner que les autorités sanitaires aient baissé leur garde et interrompu les pulvérisations d’insecticides à la fin de l’épidémie de Zika, alors même qu’à nos portes certains pays du Pacifique étaient déjà touchés par le Chikungunya, notamment les îles Tonga, Samoa, Samoa américaines, Yap en Micronésie, Tokelau et la Papouasie Nouvelle Guinée.

Le virus du chikungunya a été découvert en 1952/1953 en Tanzanie. En langue tanzanienne Makondé il signifie « celui qui marche courbé ». Il est fort probable que la maladie soit bien antérieure.

Dernier bilan sanitaire des autorités polynésiennes

Le bilan sanitaire publié par les autorités locales la semaine dernière fait apparaitre que « 61.600 patients ont consulté leur médecin pour des signes cliniques de Chikungunya en Polynésie française depuis la déclaration de l’épidémie.».  Plus de 867 patients ont été hospitalisés dont 203 de moins de  24 heures et seulement 664 hospitalisations de plus de 24 heures, dont 36 cas pour des symptômes de forme sévère, parmi lesquels 2 nourrissons.

15 décès ont été enregistrés depuis le début de l’épidémie, principalement des personnes âgées ou souffrant de pathologies particulières, un nourrisson et une enfant de 11 ans. Selon les autorités « le nombre de consultations pour formes post-aigües continue sa progression sur le territoire, celui-ci est estimé à près de 50% des personnes atteintes du Chikungunya. ».

Les symptômes du Chikungunya

Les principaux symptômes recensés sont les suivants :

  • Un accès de fièvre qui dure généralement 2 à 3 jours avec un pic pyrétique pouvant dépasser les 40° C,
  • De très fortes douleurs aux articulations notamment aux extrémités (mains, poignets, pieds, chevilles). Certains médecins parlent de douleurs pouvant pousser au suicide.
  • Une raideur et des douleurs musculaires,
  • Une inflammation des ganglions au cou ou à l’aine,
  • Une éruption cutanée,
  • Une importante déshydratation,
  • Une perte passagère ou une altération du goût des aliments,
  • Et une extrême fatigue générale.

La fièvre et l’éruption cutanée disparaissent habituellement en quelques jours, mais les douleurs articulaires peuvent durer 15 jours. Les symptômes du chikungunya sont violents et soudains.

Perso, pendant le pic de fièvre, j’ai cru que « j’allais mourir », tellement la fièvre a été forte et constante pendant 3 jours.

Certains individus perdent leur mobilité et sont obligés de rester alités et/ou de se déplacer avec des cannes anglaises. Et cela peut durer 2 mois selon le témoignage d’amis. Allez courage !

Pourquoi certains individus atteints du Chikungunya souffrent de symptômes de forme sévère, et d’autres de forme modérée ?

Les facteurs responsables des cas graves avec manifestations neurologiques ne sont pas franchement connus. La diversité des formes cliniques observées et de leur gravité ne reçoit à ce jour aucune explication satisfaisante.

Il se pourrait que les personnes souffrant de formes sévères soient porteuses d’une mutation génétique d’un gène codant une des protéines principales de la réponse immunitaire antivirale aiguë.

Le virus qui sévit en Polynésie française serait de génotype « asiatique » comme aux Antilles. Il est différent de celui qui a circulé à la Réunion en 2006 de génotype « africain ».  L’inflammation arthritique due à la souche réunionnaise est plus importante que celle de la souche asiatique. L’épidémie qu’a connue la Réunion a également révélé l’existence de formes neurologiques graves présentant une atteinte des nerfs périphériques et des méningo-encéphalites.

Tous les patients atteints du Chikungunya peuvent-ils rechuter ?

Oui, mais il ne s’agit pas vraiment d’une rechute, mais d’un passage à la chronicité de la maladie. Selon les autorités : « Le nombre de consultations pour formes post-aigües continue sa progression sur le territoire, celui-ci est estimé à près de 50% des personnes atteintes du Chikungunya. »

Les symptômes d’une rechute sont-ils toujours de forme plus sévère que lors de la première infection ?

Pour certaines personnes, l’évolution clinique est rapidement favorable avec la disparition de la fièvre, des douleurs articulaires, de l’éruption, mais chez d’autres, la maladie évolue  vers une phase subaigüe voire chronique.

L’atteinte articulaire peut durer sur un mode subaigu (3 semaines à 6 mois)  ou chronique (au-delà de 6 mois)  pendant plusieurs mois voire plusieurs années, et ceci d’autant plus fréquemment que l’âge du malade est avancé (+60 ans).

Environ 30 % des patients continuent de présenter des manifestations rhumatologiques post-Chikungunya, un an après l’épisode aigu. L’hypothèse d’une deuxième infection est peu probable car les patients déjà atteints présentent des anticorps et une réponse lymphocytaire robuste contre le virus du Chikungunya qui les protège d’une deuxième infection.

Pour les formes chroniques, il y a  une persistance du virus dans certaines cellules, les macrophages : le virus ayant évité de se faire détruire par le système immunitaire du malade en développant des stratégies pour ne pas se faire reconnaître (Normalement, les 1ers anticorps fabriqués en 5 jours environ neutralisent le virus. De plus il y a autodestruction des cellules déjà infectées).

Il est établi que le virus du Chikungunya se cache dans les macrophages, contribuant ainsi à l’inflammation chronique des articulations.

Les facteurs prédictifs d’évolution vers la chronicité semblent être l’âge avancé (+60 ans) et la charge virale initiale.

Les femmes semblent être plus touchées par ces phénomènes de « rechute » que les hommes…

Les arthrites chroniques qui demeurent la principale complication du Chikungunya, risquent de devenir un réel  problème de santé publique dans les années à venir en Polynésie française. Les individus qui sont déjà atteints de problèmes arthritiques (RAA, rhumatisme articulaire, polyarthrite, etc.) et ont été infectés par le Chikungunya vont devoir prendre leur mal en patience.

Précautions à prendre pour certains individus atteints d’une pathologie particulière

  • De manière générale, il est essentiel de se protéger des piqûres de moustiques (moustiquaire, répulsifs, dégîtage des zones de ponte des moustiques),
  • Les femmes enceintes et leurs futurs nouveau-nés : il existe une transmission foeto-maternelle, celle-ci  se fait préférentiellement quand  la femme enceinte est infectée peu avant le terme de sa grossesse (taux de transmission de 50% quand la femme est infectée dans les 2 jours avant l’accouchement). Les nouveau-nés  ayant contracté le Chikungunya par transmission materno-fœtale développent, dans un cas sur deux, une forme sévère de la maladie.
  • Chez les personnes âgées et toutes celles ayant un système immunitaire fragilisé (HIV, certains traitements…), on note une décompensation d’états pathologiques antérieurs (insuffisance rénale, hépatique, cardiaque, diabète, alcoolisme chronique). Ces maladies sont aggravées entre autre par la déshydratation et la toxicité de certaines drogues (notamment le paracétamol). Dans certaines formes d’alcoolisme chronique, le seuil de toxicité du paracétamol baisse (5 g/jour) dû à l’atteinte du foie : la dose thérapeutique (1g /6 heures soit 4g/jour ) est alors très proche de la dose toxique pour ces personnes …

Pendant la convalescence, comment aider l’organisme à reprendre le dessus ?

Pour aider le système immunitaire à lutter contre le virus, je conseille de :

  • Boire beaucoup d’eau (1,5 L à 3 L/jour),
  • Manger beaucoup de fruits et boire des jus de fruits (frais si possible),
  • Prendre des soupes et potages de légumes frais,
  • Manger des légumes secs,
  • Manger des céréales complètes,
  • Consommer des noix,
  • Boire des tisanes ou infusions (moi c’est du thé vert au gingembre et citron),
  • Faire une cure de magnésium (je conseille du magnésium marin disponible en pharmacie et magasins diététiques),
  • Faire une cure de vitamine C extrait d’acerola (au moins 1 gr par jour),
  • Prendre des compléments en phytothérapie (harpagophytum , saule, reine des prés, ortie, églantier sauvage…) ou du Protéochoc (extrait d’algue Porphyra umbilicalis dont le principe actif a la capacité de produire des protéines de choc, de petits réparateurs cellulaires fabriqués par nos cellules lorsqu’elles rencontrent une situation propre à compromettre leur survie).

Pour le traitement des douleurs articulaires chroniques, consultez votre médecin qui pourra vous prescrire les traitements médicaux classiques (anti-inflammatoires, corticoïdes) qu’on peut accompagner de séances de kiné.

Le chikungunya est une maladie relativement invalidante. Aussi, il faut absolument garder le moral, ne surtout pas se décourager et positiver. Il ne faut pas hésiter à sortir prendre l’air en se faisant conduire en voiture si vous en avez le courage, histoire de s’aérer l’esprit. Les séances de kiné sont une bonne raison de sortir.

Ce qui a été positif pour moi, c’est d’avoir perdu 8 Kgs en 1 semaine. J’en ai repris 4, donc en définitive, c’est tout bénéf’.

Recette en vidéo d’un remède de la Guadeloupe contre le Chikungunya glanée sur internet

Nota Bene : cette vidéo est publiée à titre indicatif. N’ayant pas essayé ce remède, je ne peux garantir son efficacité et ses effets secondaires. Je vous recommande d’être prudent.

Ma recette de tisane à la sauge (Salvia officinalis) et au miel

Infusez une cuillère à café de sauge sèche (vendu en pharmacie ou magasin diététique) ou une dizaine de feuilles fraîches (recommandé) dans un quart de litre d’eau de source bouillante pendant 10 minutes et ajoutez du miel à votre convenance (si vous avez du miel de thym aux pouvoirs antiseptique, tonique et revigorant, c’est mieux). Buvez-en 3 tasses dans la journée.

Après les Antilles, c’est la Polynésie qui est touché par le chikungunya depuis 3 mois. L’inquiétude règne au sein de la population malade qui craint une rechute

Les propriétés de la sauge

  • Elle aide à faire chuter la fièvre
  • Elle fortifie le système immunitaire
  • Elle est anti-inflammatoire
  • Elle lutte contre les virus et bactéries
  • Elle a des propriétés antiseptiques
  • Elle est anti-spasmodique (raideurs musculaires, crampes)
  • Elle soulage les maux de tête

Contre-indications à propos de la sauge

Attention, les femmes enceintes ou qui allaitent ne doivent pas consommer de la sauge, notamment à cause de ses capacités abortives et parce qu’elle arrête le processus de lactation. Sa forte teneur en thuyone neurotoxique pouvant provoquer des convulsions, elle est également déconseillée aux patients qui souffrent d’instabilité neurovégétative ou d’insuffisance rénale chronique. Elle est contre-indiquée aux patients sous traitement anticoagulant.

 

Vous avez expérimenté un remède efficace contre le Chikungunya ? Partagez-le en commentaires !

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Temps de lecture: 11 minutes

6 Commentaires pour “Chikungunya. Rechutes et complications, tout ce qu’il faut savoir !

    • Ralph Articles de l'auteur

      Merci Tevahine pour ton commentaire.
      N’hésite pas à le partager avec ton réeau d’amis 😉
      Je te souhaite un bon week-end malgré la pluie.
      Bises,
      Ralph

      Répondre
  • Merci pour cet article. En tant que jeune maman allaitant ce nest pas facile de se traiter même en remèdes naturels, on ne peut pas tout faire : voir sauge, certains compléments alimentaires, sans parler de la cortisone…
    Aussi je trouve les autorités médicales peu informées des remèdes à donner, naturels ou non. Chacun semble se débrouiller. Ici en Guadeloupe, pendant la phase aigüe on recommande le chlorure de magnésium, ensuite en phase chronique comme moi 7 mois plus tard, c’est les remèdes pour arthrites et artroses ou pour « vieux » j’ai suivi les remèdes que prend ma mère de 72 ans!!! ça fait peur… chondroitine et glucosamine et MSM

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    • Ralph Articles de l'auteur

      Bonjour Ariane,
      Oui, vous avez raison. Les autorités médicales devraient faire la promotion des remèdes naturels car les tradipraticiens ont de véritables savoir-faire qu’il faut préserver.
      C’est aussi cela notre patrimoine. L’efficacité des remèdes naturels n’est plus à faire.
      Merci pour votre témoignage.
      Belle journée à vous,
      Ralph

      Répondre
  • Bonjour, Iaorana,

    Il existe chez les herboristes chinois un remède appelé YINCHIAO habituellement utilisé pour combattre la grippe. Et bien ma mère de 67 ans en a pris 1 semaine après avoir attrapé le chikun, elle était affaiblie comme pas possible mais ce sont surtout les courbatures qui gâchait son quotidien, elle est si vive (plus que nous ses filles) si robuste, tjrs à faire quelque chose.

    Elle a donc pris 5 pilules le soir avant d’aller se coucher (ça casse, faut en prendre aussi le matin et midi tjrs par 5), croyez-moi ou pas mais le lendemain matin elle a mis la maison sens dessus dessous, a nettoyé de fond en comble voulant rattraper le retard pris pendant la maladie : en bref elle pétait la forme ! ça va faire bientôt 2 mois et elle est toujours aussi vive et « fatigante » lol Mais nous sommes si heureux de la voir ainsi : PLUS AUCUN MAL ! Du coup on en a pris en stock, perso je touche du bois je n’ai pas encore chopé cette saleté mais mon flacon de YINCHIAO est prêt à l’action si elle pointe son nez !

    Bon courage, fa’aitoito aux malades ! A pae !

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    • Ralph Articles de l'auteur

      Bonjour Tahia,
      Kaoha nui,

      Merci de partager votre expérience et vos astuces avec tout le monde. C’est très généreux de votre part.

      Bonne soirée et à bientôt sur le Blog.

      Ralph

      PS : N’hésitez pas à jouer au nouveau jeu-concours sur Facebook 😉

      Répondre

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